C'est au cours de l'hiver 1949, qu'une Traction à suspension pneumatique a été essayée dans le grand nord Lapon. La voiture est menée jusqu'à Kiruna, la dernière ville, au-delà du cercle polaire.

L'expérimentation dans les pays froids servira à plusieurs détails de mise au point, pas suffisamment pour pourtant pour dispenser la DS 19 de série de sérieux problèmes au cours de l'hiver 1956, lequel fût très rigoureux (3 semaines à -10, -15° C à Paris).

Au cours des années 1952-54 sont effectuées les dernières mises au point, et l'expérimentation grandeur nature sur la Citroën 15 "H" (H pour suspension Hydropneumatique). C'est durant cette période qu'est inventé le dispositif baptisé "pédalo". Un système qui remplace la pédale de frein: Un gros bouton caoutchouté. Ce dispositif défendu à cor et à cris par Paul Magès, ne fera pas l'unanimité auprès des usagers auxquels il imposera une accoutumance pénible, et surtout rendra le dosage du freina ge délicat aux personnes nerveuses.

A l'hiver 1953 roulait déjà un châssis plate-forme expérimental de la future DS, c'est à cette époque que messieurs Bercot et Puiseux , les grands patrons de l'opération en firent l'essai. Déjà Paul Magès n'est plus simplement concepteur-réalisateur de la suspension hydropneumatique, le "professeur" en devient aussi le chef d'orchestre.

L'hydraulique à permis de supprimer la pédale d'embrayage; Bercot et Puiseux s'interrogent, pensant immédiatement au coupleur hydraulique qui consomme de la puissance. Magès explique alors que l'embrayage est traditionnel et que le seul rôle joué par l'hydraulique est celui du pied gauche. Ce qui peut étonner aujourd'hui, c'est que de grands patrons découvrent ce genre de détails alors qu'ils équipent déjà le prototype ! N'y avait-il pas chez Citroën de conférences "projets" détaillés?

Insistons lourdement car la commande hydraulique de l'embrayage fût sans doute une des grosses erreurs mécaniques de cette voiture. On y reviendra. Le temps et les moyens passé à sa mise au point furent un gaspillage ajoutés aux soucis qu'ils procurèrent aux mécaniciens, aux techniciens, puis à l'usager final.